Méthode bayésienne pour les scénarios macro
La pensée bayésienne ne cherche pas ici une « probabilité correcte » magique. Elle oblige l’analyse à conserver trois éléments : la croyance avant mise à jour, la preuve qui l’a modifiée et la manière dont les erreurs seront diagnostiquées.
1. Définir d’abord la question
Chaque prévision précise :
- un événement observable, par exemple « le taux cible au jour le jour canadien est inférieur ou égal à 2,25 % le 2026-12-31 » ;
- la source et la règle de résolution ;
- la limite d’information et la date de résolution ;
- la probabilité initiale ;
- les règles pour
true,falseetvoid.
« L’économie pourrait faiblir » n’est pas noté. « La croissance officielle du PIB réel chinois au T3 2026 est au moins de 4,0 % sur un an » l’est.
2. Scénarios exclusifs et exhaustifs
Une tranche commence par trois à cinq hypothèses transfrontalières , avec :
Les scénarios décrivent des mécanismes communs plutôt que de qualifier chaque pays de « bon » ou « mauvais » : croissance divergente, hausse synchronisée, inflation d’offre ou atterrissage brutal dû au commerce. Si deux scénarios peuvent se produire ensemble, leurs frontières sont à revoir.
3. Passer de l’a priori au posterior
Pour une preuve :
Le registre utilise des rapports de vraisemblance plutôt que de feindre un modèle structurel très précis :
| Force de la preuve | Rapport conseillé | Sens |
|---|---|---|
| Fortement contraire | 0,50 | Nettement moins probable sous ce scénario |
| Légèrement contraire | 0,80 | Petite baisse |
| Neutre | 1,00 | Pas de mise à jour |
| Légèrement favorable | 1,25 | Petite hausse |
| Fortement favorable | 2,00 | Nettement plus fréquent sous ce scénario |
Ce sont des échelles de jugement auditables, pas des constantes naturelles estimées. Si la preuve est faible, rester près de 1 ; les décimales ne créent pas d’autorité.
4. Éviter le double comptage
PIB, ventes, emploi et PMI peuvent refléter le même choc de demande. La procédure est :
- regrouper les preuves par demande, offre, politique, conditions financières et choc extérieur ;
- choisir un signal principal par mécanisme ;
- réduire le poids des confirmations ;
- ne pas compter comme nouvelle preuve la révision d’une même statistique ;
- ne pas donner trois voix aux exportations chinoises, importations américaines et exportations canadiennes si elles reflètent une seule chaîne.
5. Des scénarios aux prévisions concrètes
Le posterior des scénarios n’est pas le produit final. Il faut le convertir en événements résolubles :
Noter les hypothèses de conversion et arrondir à cinq points. Sans modèle statistique calibré, 63,7 % est souvent un 65 % en blouse blanche.
6. Noter et réviser
Pour les prévisions binaires, utiliser le score de Brier :
si l’événement arrive, sinon ; plus bas est meilleur. La revue classe aussi :
- erreur de direction : mécanisme erroné ;
- erreur de probabilité : bonne direction, confiance excessive ou insuffisante ;
- erreur de définition : événement ambigu ;
- erreur de calendrier : événement après l’échéance ;
- révision des données : première et dernière valeurs divergent ;
- variable omise : choc important absent de l’arbre.
void est réservé à l’arrêt d’une série, au changement substantiel de définition ou à l’impossibilité de résoudre selon la règle initiale, jamais à l’effacement d’une erreur ordinaire.
7. Discipline de mise à jour
- Toute nouvelle preuve va dans une nouvelle tranche, sans modifier l’ancien posterior.
- Une probabilité publiée est verrouillée ; seuls résultat et commentaire sont ajoutés.
- Pour une révision, garder le score sur publication initiale et valeur la plus récente.
- Examiner chaque trimestre les classes de calibration : les événements à 70 % arrivent-ils environ sept fois sur dix ?
- Ne rien conclure d’une série gagnante de moins de 20 prévisions.
- Toute évolution de méthode ouvre une nouvelle version, sans application rétroactive.
Le but n’est pas d’avoir toujours raison, mais de donner à chaque erreur une adresse, une date et une forme dont apprendre.